Life on Mars, retour vers le passé

Life On Mars, c’est une perle de série britannique. Difficile de résister à ce je-ne-sais-quoi qui émane de cette série entre SF et série policière. Peut-être ce côté « fait maison » sans prétention, cette touche de réalisme social assez touchante ou cet humour so british ? Quoiqu’il en soit, après Doctor Who et Torchwood, me voilà à nouveau sous le charme d’une série britannique.

Life On Mars

Life On Mars, c’est le genre de série SF qui n’a pas grand chose à voir avec de la SF tant elle est distillée avec précaution.

Elle pioche davantage dans le buddy movie et la série policière. Néanmoins, rien à voir avec les Experts et autres séries policières de nos jours. Notre Sam Tyler se retrouve à devoir résoudre des affaires avec les moyens du bord. A savoir, ses neurones et son instinct. Exit la police médico-légale, les téléphones portables, Internet, les fichiers centralisés, rien de tout cela n’existe encore puisque le Sam évolue dans les années 70.

Laissez-moi vous expliquer.
A Manchester, Sam Tyler est d’abord commissaire principal à notre époque. C’est suite à un violent accident au cours d’une enquête – il se fait percuter par une voiture – qu’il se réveille, pantalon pattes d’eph’ et veste en skaï sur le dos. Il se retrouve alors à devoir travailler dans un commissariat enfumé en compagnie d’inspecteurs aux méthodes ancestrales.

John Simm et Gene Hunt - Life On Mars

Qu’est-il arrivé à Sam ?

C’est le principal atout du concept de Life On Mars : l’ambiguïté du sort qui lui est réservé. Tout au long des épisodes, des voix et des sonorités médicales semblent le rappeler inlassablement à notre époque. Est-il plongé dans le coma en 2006 ? Est-il un flic de 1973 mentalement instable ? A-t-il voyagé dans le temps, et dans ce cas, pour quelle raison ? Est-ce pour résoudre cette affaire de meurtres en série et sauver sa partenaire grâce à des indices découverts sur des cas analogues en 1973 ?

Cet aspect fantastique prend le risque de voir la série s’essouffler au fil de l’histoire. En avançant dans les épisodes, je me suis demandée comment la série allait réussir à se renouveler, parce que si l’idée de départ offre de nombreuses possibilités en matière de série policière, elle devient assez compliquée à gérer si l’on veut s’en tenir au postulat fantastique de l’intrigue. Les auteurs ont d’ailleurs fait le choix de clore Life On Mars en deux saisons de huit épisodes sans que ce soit lié à l’audience de la série. Je vous le dis tout de suite, à la fin de la première saison, on ne sait toujours pas ce qui est arrivé à Sam, mais à aucun moment l’histoire ne s’est essoufflée.

John Simm - Life On Mars

La détresse de Sam Tyler

Pour incarner Sam Tyler, c’est John Simm qui a été choisi. Mais si ! Vous savez, celui qui interprète le génial Master dans Doctor Who ! C’est d’ailleurs ce rôle-là qui m’a donné envie d’en savoir plus sur John Simm et ainsi découvrir Life On Mars. Sinon, je l’avoue, il est bien plus connu outre-Manche que par chez nous. Pour incarner Sam, il fallait donc un acteur capable de tenir le rythme (Sam est de tous les plans), un acteur qui puisse toucher le public, lui faire croire en son voyage, John Simm le fait avec talent.

Dans Life On Mars, Sam Tyler est à l’opposé de ce que pouvait ressentir Marty McFly. Être coincé 30 ans en arrière n’a rien de réjouissant pour lui, ça lui provoque même une angoisse terrible. Et John Simm sait faire ressortir toute la détresse de son personnage.

Étranger, dans un pays étrange, le Manchester de 1973, Sam doit trouver des réponses à toutes ses questions, tout en s’adaptant à son nouvel univers et aux problèmes de conscience que ça lui pose.

John Simm - Life On Mars

Parce que Sam, il est du genre héros du XXIème siècle. Passionné, commissaire dévoué, qui croit à la police et au système. Parce que pour lui, faire les choses dans les règles tend à améliorer les choses. Il subit alors un choc plus violent encore que celui du véhicule qui l’a heurté : le choc des cultures policières. Car à ses méthodes très « Les Experts Manchester » s’opposent celles, brutes de décoffrage du policier instinctif des années 1970 : Gene Hunt, incarné par Philip Glenister.

Gene Hunt, le type qu’on aime détester

« Vous êtes qui, vous ?
- Gene Hunt, ton commissaire principal. On est en 1973, c’est bientôt l’heure du dîner. T’as une autre question ? »

Brutal, arrogant, misogyne, homophobe, buveur, Gene Hunt a un mépris total des procédures et une approche très « virile » du travail de police. Philip Glenister joue remarquablement bien le flic pourri au grand cœur. C’est un peu l’homme qu’on aime détester pour ses abus, ses colères, ses excès et ses répliques chocs qui font mouche à chaque fois.

Gene et Sam doivent alors apprendre à se connaître et travailler ensemble. Parce que passé l’argument fantastique, Life On Mars fonctionne surtout comme un buddy-movie où les deux hommes aux méthodes et aux tempéraments totalement différents sont contraints de s’entendre. S’ensuivent des confrontations régulières et plutôt amusantes entre les deux commissaires, qui les conduiront à une ébauche de respect mutuel voire à une certaine complicité.

Gene Hunt et Sam Tyler - Life On Mars

La série plante son décor autour de cette confrontation, et introduit également le fossé culturel des années 70 avec les années 2000 de manière très astucieuse. Life On Mars se sert ainsi ingénieusement du contraste des époques. L’occasion d’aborder des problèmes sociaux comme la bêtise des hooligans ou encore l’effondrement d’une partie de l’industrie en Grande-Bretagne. Des sujets sérieux qui suscitent la réflexion dans une série qui réussit à alterner humour et gravité, avec une certaine finesse.

Je voulais conclure en soulignant la qualité de la bande son. Forcément, la culture des années 70 finit de donner un charme indéniable à la série, qui en profite pour se parer de belles pépites musicales de l’époque comme Lou Reed, Pink Floyd, The Who, The Rolling Stones, ou Nina Simone entre autres.

 

Life On Mars est donc une très bonne série policière saupoudrée de fantastique qui réussit à recréer l’ambiance si particulière de cette Angleterre sinistre et industrialisée des années 70.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

4 réflexions au sujet de « Life on Mars, retour vers le passé »

  1. Oui, il existe bien un remake US.
    Mais la série a été annulée au bout de 17 épisodes, avec la consigne aux scénaristes de donner une « vraie » fin.

    Par contre, c’est Harvey Keitel qui joue Gene Hunt, et ça, ça peut valoir le coup d’œil…

  2. J’aime bien évidemment beaucoup Life on Mars, même si la série n’est pas forcément d’un abord ultra simple. Par contre, je n’ai pas vu la remake US et pas spécialement envie.

  3. même pas en rêve que j’irais voir le remake américain. Cette série est pour moi une petite pépite, ça me casserait tout!! Moi aussi je me suis tournée vers cette série à cause de l’acteur et je ne l’ai pas regretté…John Simm est super. Meilleur que dans Who car son personnage est bcp plus nuancé et attachant, j’ai aimé leur manière subtile de faire cohabiter fantastique et intrigue policière.
    Le genre de petite série à ne pas manquer dans la vie d’un sériphile!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>