Misfits, quand les super-héros sont des marginaux

Misfits, c’est une série britannique qui regroupe cinq jeunes délinquants, Curtis, Kelly, Alisha, Simon et Nathan. Ils n’ont pas grand chose en commun, mais doivent faire leurs travaux d’intérêt général ensemble. Un jour, une tempête étrange se lève et la foudre les frappe. Alors qu’ils auraient du en mourir, ils se retrouvent avec des pouvoirs.

misfits

L’idée de départ fait furieusement penser à Heroes. Je vous arrête tout de suite, Misfits, ça n’a strictement rien à voir. Ni de près, ni de loin. Ici, la série repose sur un de ces scénarios improbables si chers aux Britanniques, et qu’ils savent rendre crédibles en deux temps trois épisodes.

C’est donc l’histoire de ces jeunes délinquants qui se retrouvent à accomplir ensemble des travaux d’intérêts généraux pour des bêtises qu’ils ont commises. Il y a Curtis, le marathonien déchu, Alisha, la jolie allumeuse, Nathan, le type qui ouvre un peu trop sa gueule, Kelly, qui a tendance à réfléchir davantage avec ses poings qu’avec sa tête et Simon, plutôt réservé et assez vite catalogué comme bizarre.

misftis_nathan

Puis un orage éclate (avec des effets spéciaux très cheap, mais ça sera la seule faute de la série) et la foudre les frappe. Voilà comment ils se retrouvent chacun avec un pouvoir, sauf Nathan qui passera la saison à tenter de découvrir sa capacité cachée.

Mais si Nathan est le seul sans pouvoir, il a autant de mal que les autres à s’intégrer dans la société. Il parle trop et a tendance à énerver tout le monde mais est assez réaliste sur la vie qu’il mène et assume complètement ses excès qui font de lui ce qu’il est.

Simon serait plutôt à l’opposé de Nathan. Discret et solitaire, il cherche à se faire accepter par les autres. Sa capacité à devenir invisible est finalement en accord avec ce qu’il pense de lui-même.

Kelly est une fille assez agressive et sur ses gardes. Suite à l’orage, elle peut entendre les pensées des gens, ce qui n’est pas forcément un cadeau pour elle.

Curtis était sur le point de devenir un champion d’athlétisme avant de se faire attraper pour possession de drogue. Il peut remonter le temps.

Enfin, Alisha, la belle gosse est maudite par ce qui était pour elle son plus grand atout, son sex-appeal. Quiconque la touche, la désire sexuellement sans pour autant s’en souvenir par la suite.

Le hic, c’est que ce mystérieux orage a affecté d’autres personnes, comme leur agent de probation qui a pété un câble et qui va essayer de les tuer. Ce n’est alors que le début de leurs problèmes qui ne se résoudront pas sans conséquences.

misfits_curtis


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S’il fallait la rapprocher d’une série, ça serait à chercher du côté de nos amis anglais. Il y a du Skins dans l’aspect très réaliste de la série. On y retrouve des jeunes, reflet d’une génération un peu perdue, qui sont tous plus ou moins en marge de la société en quête d’identité. Il y a le style assez direct et le langage cru qui sont la marque de Skins et le non-politiquement correct que les anglais savent manier avec finesse.

Il y a du Being Human aussi dans la façon dont ces jeunes ordinaires se retrouvent avec des capacités hors du commun qu’ils n’ont jamais souhaitées et qui les obligent à mener une existence qu’ils n’imaginaient même pas.

misfits_simon

Contrairement à ce qu’on pourrait attendre, ces cinq jeunes ne vont pas profiter de leurs pouvoirs pour lutter contre le crime. A l’inverse, ces nouvelles capacités vont même les enfoncer un peu plus dans leur situation marginale. Et c’est là l’intérêt de cette mini-série : une réponse british aux clichés des comics américains…

La réalisation est impeccable, les dialogues sont efficaces, les acteurs sont convaincants, les situations sont réalistes voire même assez noires. L’intrigue ne se perd pas en route (6 épisodes, ça passe très vite) et surtout les personnages ne sont pas caricaturaux. Même si les cinq adolescents sont des misfits (des marginaux), ils ne tombent à aucun moment dans le cliché traditionnel des délinquants et sont à la fois drôles, exaspérants et émouvants.

Rajoutez à ça des scénarios originaux qui surprennent par leur qualité (je pense notamment à l’épisode 4 qui évite tous les pièges scénaristiques du voyage dans le temps) et une bonne dose d’humour, vous aurez une belle surprise pour cette première saison.

Au final, Misfits arrive à mêler avec succès quête identitaire, réalisme social et quelques codes du fantastique qui donnent un souffle rafraichissant à la série. Et, vu que l’on est en Angleterre, le tout est accompagné par une excellente bande-son (et accessoirement d’un générique bien sympa !)

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12 réflexions au sujet de « Misfits, quand les super-héros sont des marginaux »

      • Comme tu partages avec moi le fait d’adorer totalement Doctor Who, as-tu vu Blackpool ? Si oui qu’en penses-tu ? J’ai commencé hier le premier épisode et franchement je ne le regrette pas… ;)

        • Blackpool, pas encore regardé… mais on va peut-être me passer les DVD (ils sont durs à ‘trouver’ sur Internet !)

          Donc j’en ferai sûrement un billet le moment venu !

          • Cool =) en tout cas ça se laisse très bien regarder et c’est divertissant =p (et en plus David Tennant joue dedans, que demande le peuple franchement)

  1. C’est vrai que ton article donne envie. Vais peut être me laisser tenter entre un épisode de Torchwood et Doctor Who.

    Y’a pas à dire, sont doués ces british !

    • Si je vous ai donné envie d’y jeter un œil, c’est que le message est passé ;)

      N’hésitez pas à me faire un retour une fois que vous l’avez vu hein !

      @Woodgoal : Une ‘tite cure de séries british, ça fait pas d’mal, c’est même très bon pour la santé d’un sériphile ^_^

  2. j’ai regardé le premier épisode par curiosité… puis les 5 autres tout de suite après ! j’ai beaucoup aimé, c’est vraiment bien fichu. A contrepied complet des séries US et ça fait du bien ce réalisme. T

  3. Ping : Misfits, "Vegas Baby !" | Le coin d'Oniros

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