Miranda, comédie burlesque made in britain

Après avoir terminé Friday Night Lights, j’avais besoin d’un peu plus de légèreté. Je suis partie à la recherche d’une série comique, au format court et qui me ferait rire. J’ai trouvé tout ça chez nos amis britons où j’ai pris l’habitude de me servir en séries à l’humour absurde.

 C’est ainsi que j’ai découvert Miranda.

 Miranda, la trentaine, célibataire, un physique atypique, gaffeuse invétérée, inadaptée sociale et un humour dévastateur. Voilà notre héroïne. Au quotidien elle doit gérer sa mère qui cherche à la marier à tout prix et Gary un amour de jeunesse revenu en ville qu’elle tente de séduire maladroitement, le tout plus ou moins bien soutenue par sa meilleure amie Stevie.

Miranda, c’est un peu la bonne copine qu’on pourrait avoir. Le clown de la bande, la maladroite au grand cœur… Elle nous entraine avec elle dans sa vie et à l’aide de regards-caméra prend le spectateur comme témoin. Elle se tourne vers nous pour qu’on l’approuve dans ses réactions décalées, pour qu’on partage son embarras ou son entrain, mais surtout pour trouver quelqu’un qui réagira a ses blagues les plus nulles et avec qui elle pourra être complice.

On la suit donc épisode après épisode, dans des situations improbables, des suites de défis et de mensonges dans lesquels elle s’enfonce alors qu’elle tente de prouver au contraire qu’elle n’est pas aussi désespérée que tout le monde le pense.

Pour donner un aperçu du specimen, dans le premier épisode, Miranda va enfin diner en tête-à-tête avec le beau Gary qu’elle convoite secrètement depuis des années. Affolée à l’idée de ce premier rencard, elle décide de s’acheter une robe. Ne trouvant aucune tenue élégante pour sa grande taille, elle se rend sans s’en rendre compte dans une boutique destinée… aux travestis. Et ça ne s’arrête pas, chaque épisode a sa dose de situations embarrassantes et de quiproquos !

 

On pourrait tomber dans le pathétique, mais ce qui rend la série assez drôle, c’est que Miranda est plus ou moins hermétique à l’humiliation. Elle traverse toutes ces situations avec beaucoup d’exubérance et un humour bien lourd qui ne fait rire qu’elle – et le spectateur. Donc attention, vous êtes prévenus : c’est de l’humour burlesque bien lourd, pas de subtilité, ni de finesse ici, mais personnellement je me suis facilement attachée à Miranda et elle m’a fait beaucoup rire !

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Miranda est une sitcom qui compte 2 saisons de 6 épisodes de 20 minutes. Une saison 3 a été commandée et sera diffusée sur BBC One.

Beautiful people UK

J’ai découvert Beautiful People chez les Critikeurs.

C’est l’histoire de Simon, aujourd’hui gay assumé qui se remémore son adolescence lorsqu’il vivait encore en banlieue et rêvait de vivre comme les « beautiful people ».

Ma première impression a été plutôt négative, le résumé et les quelques photos n’ont pas du tout suscité mon intérêt, sans parler de mon appréhension sur le fameux cliché des gays maniérés.

Mais je suis curieuse. Et si ça peut parfois être un vilain défaut, c’est surtout le moyen de découvrir de jolies petites séries britanniques.

Dans la première saison, les épisodes commencent à New-York en 2008. Simon discute avec son petit-ami Sacha et évoque chaque fois un souvenir de son adolescence. Le flash-back nous emmène ensuite en 1997 où Simon, 13 ans, vit en banlieue en Angleterre entouré de ses proches. Des parents un peu givrés, Debbie, mère alcoolique, Andy, père loser, Ashlene, sœur qui a couché avec tout le quartier, et la meilleure amie de sa mère, Hayley, aveugle, voilà la joyeuse famille au milieu de laquelle Simon essaie d’évoluer comme il peut.

Lui, vit pour la musique, les comédies musicales et la mode. Un garçon un peu trop maniéré pour rentrer dans le moule, qui rêve de quitter sa banlieue et de vivre comme les « beautiful people ». Heureusement, il peut partager son temps libre et ses passions avec son meilleur ami Kyle (surnommé Kylie en hommage à son idole Kylie Minogue).

Simon vit avec ses extravagances et ses goûts décalés, et malgré la difficulté de sa situation à l’école où il est persécuté par ses camarades, il est toujours soutenu par sa famille, aussi dysfonctionnelle soit-elle.

Dans la deuxième saison, le schéma est globalement le même. On commence l’épisode en 2009, Simon a rompu avec Sacha et revient en Angleterre rendre visite à sa mère. Il en profite pour se remémorer l’année de ses 14 ans, en 1998. Dans cette saison, presque chaque épisode compte une scène où les personnages (souvent les deux garçons mais pas seulement) chantent et dansent comme dans une comédie musicale. Et là, rien à voir avec les soi-disant épisodes musicaux de séries américaines, c’est toujours très bien inséré à l’histoire, justes, émouvants ou drôles et les deux acteurs sont vraiment bons (ils sont d’ailleurs acteurs chanteurs et danseurs d’après quelques petites recherches)

Cette seconde saison compte, comme la première, six épisodes d’une petite trentaine de minutes. Chaque épisode est construit autour d’une anecdote légère, prétexte pour aborder, avec beaucoup d’humour, des sujets plus profonds comme la mort, l’amitié ou l’homophobie…

Mon appréhension sur le cliché gay n’a pas eu lieu d’être. L’homosexualité est un sujet sous-jacent tout au long de la série, mais pas du tout le point central. Il est même presque jamais évoqué dans la première saison. Dans la seconde, Simon prend peu à peu conscience qu’il est différent des autres garçons, et c’est abordé avec beaucoup de talent jusqu’à la fin de la saison.

A la fin du dernier épisode, on quitte avec un pincement au cœur cette famille déjantée qui s’est faite attachante au fil des épisodes et on se sépare de Simon qu’on peut à présent laisser grandir tranquillement.

Beautiful People, c’est une jolie comédie sociale comme les anglais savent le faire. Légèreté et sujets sérieux s’imbriquent avec finesse et intelligence. Une bulle d’optimisme sur le monde qui nous entoure, que ça fait du bien !

Blackpool, attention OVNI

Il y a au moins trois bonnes raisons de regarder Blackpool : c’est anglais, c’est déjanté et son casting.

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Blackpool, c’est l’histoire de Ripley Holden, homme d’affaires ambitieux et mégalo qui rêve de faire de la petite station balnéaire Blackpool, le Las Vegas de l’Angleterre. Il s’apprête à ouvrir un hôtel-casino de grande envergure quand un cadavre est découvert dans sa salle de jeu, ce qui freine légèrement sa folie des grandeurs… C’est l’inspecteur Carlisle qui est chargé de l’enquête, qui va mettre son nez dans les affaires de la famille Holden et bousculer quelque peu leurs vies par la même occasion…

Blackpool, c’est un OVNI télévisuel, le genre de séries qui surprend agréablement et qui ne ressemble à rien d’autre. Ce n’est pas vraiment une mini-série policière puisque l’enquête devient vite anecdotique, c’est un mélange improbable de genres, entre réalisme social, polar, romance et comédie musicale. Une folie douce sur fond d’enquête policière. Et le charme de cette mini-série, c’est que ça marche ! Il y a une alchimie particulière et convaincante qui nous emporte dans cette aventure loufoque…

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L’intrigue en elle-même n’est que prétexte à décortiquer les relations entre les personnages. Et ils sont tous fascinants et intéressants, tous portés par un jeu d’acteurs jouissif. Parce que la grande force de la série réside surtout dans son casting : impeccable. David Morrissey (State of Play) crève l’écran par son charisme, Sarah Parish (Mistresses) est convaincante en femme délaissée par son mari qui succombe au charme du nouveau venu, et même les seconds rôles – Bryan Dick, Thomas Morrison – renforcent un casting sans fausse note. Sans oublier (et de façon complètement subjective) qu’on suit David Tennant (Doctor Who) dans le rôle de l’inspecteur chargé de l’enquête – avant qu’il n’endosse le costume d’un Seigneur du Temps – et qu’il garde ici son accent scottish, ce qui est assez rare pour être souligné…

 

Pour avoir une idée de ce que réserve cette mini-série en 6 épisodes complètement décalée, voici deux chansons que l’on peut entendre et qui donnent bien l’esprit de Blackpool :

 

Should I Stay Or Should I Go – The Clash

 

Don’t Stop Me Now – Queen

Sherlock, revu par Moffat

S’il y a une série qui a fait parler la blogosphère cet été, c’est Sherlock. Alors que les vacances sont sensées être le calme plat du côté des séries, la Beeb avait programmé sur 3 semaines les nouvelles aventure de Sherlock Holmes. Plus qu’une nouvelle adaptation du célèbre détective de Conan Doyle, la série était attendue comme la nouvelle création de Steven Moffat. Les sériphiles connaissent bien le monsieur, créateur de Jekyll (une autre adaptation fichtrement bien réussie) et scénariste des meilleurs épisodes de Doctor Who. Son nouveau statut de showrunner sur cette dernière l’a propulsé sur le devant de la scène la saison passée. Son nom au générique de Sherlock ferait donc presque oublier celui de Mark Gatiss (que les amateurs de Doctor Who connaissent bien également en tant qu’acteur et scénariste) qui est pourtant co-créateur sur Sherlock.

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Pour cette série, on fait connaissance avec John Watson, médecin récemment revenu de la guerre en Afghanistan, qui est sur le point de faire connaissance avec Sherlock Holmes. Deux éléments surprennent de prime abord : nous sommes bien au 21ème siècle, dans le Londres contemporain, et les deux personnages sont au début de leur « relation », bien plus jeunes que le Sherlock de notre inconscient collectif. Une fois ce cadre posé, à aucun moment cette modernisation du mythe ne viendra gêner l’histoire. Au contraire, Sherlock va utiliser les technologies modernes pour avancer dans ses enquêtes et le tout est vraiment bien intégré.

Ce Sherlock est un personnage arrogant, imbu de lui-même, solitaire, brillant, qui se qualifie lui-même de sociopathe… J’ai eu du mal à accrocher dès le début, le trouvant à la fois énervant et génial. Finalement Benedict Cumberbatch le joue à merveille et s’amuse à le rendre détestable et pourtant attachant. Cumberbatch endosse le costume de Sherlock à la perfection. D’après Gatiss, son casting a été une évidence pour eux, et ça se comprend. Coïncidences de mon planning de séries, dans la même semaine, j’ai pu le « croiser » dans des petits rôles dans Spooks et Tipping the Velvet… Pas si nouveau dans le monde des séries, mais il va falloir le surveiller, il a du talent à revendre !

A ses côtés, Martin Freeman fait ce qu’il peut pour incarner Dr Watson et il s’en sort plutôt bien vu le charisme de Cumberbatch. Il apparaît peu à peu comme un complément indispensable à Holmes dans son quotidien. C’est par ses yeux que l’on approche Sherlock, qu’on le découvre, qu’on le suit dans ses enquêtes, qu’on reste sans voix face à la rapidité de déduction du détective. La mise en scène est d’ailleurs astucieuse pour suivre le cheminement de pensées de Sherlock et comprendre les rouages de son esprit supérieur. Que les puristes de Conan Doyle se rassurent, on retrouve également les éléments traditionnels des bouquins : leur appartement à Baker Street, Mrs Hudson, Lestrade et même Moriarty.

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Pendant trois épisodes, le duo fonctionne, la résolution des enquêtes par déduction est assez jouissive, les personnages conservent leur caractère d’origine, bref on y croit ! Et puis, personnellement, j’adore toujours autant les séries se déroulant à Londres, c’est un réel plaisir de suivre Sherlock et son compagnon dans les quartiers de la ville. Trois épisodes, c’est malheureusement trop court je trouve, pour juger du potentiel d’une série, mais les créateurs ont réussi le tour de force de rester fidèles à l’esprit de Conan Doyle tout en le modernisant. Je n’en attendais pas moins du duo Moffat/Gatiss, mais ça fait toujours plaisir d’être agréablement surprise ! Au final, ces nouvelles aventures de Sherlock ont reçu un succès mérité en Angleterre et sur la blogosphère sériphile. Un succès public mais aussi critique qui a permis l’annonce d’une suite !  A suivre donc…

Spooks (MI-5) – Saison 1

Alors que j’ai à peu près une quinzaine de séries en cours ou sur ma liste « à voir », je me suis encore penchée sur une nouvelle série. Je continue donc ma découverte des séries britanniques en m’attaquant à Spooks. Plus connue en France sous le nom de MI-5, elle propose une vision de l’espionnage sombre et réaliste, à mille lieux des clichés américains.

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A vrai dire, en terme d’espionnage dans les séries télé, je me suis arrêtée à Alias et à 24. Des missions, des infiltrations, des menaces terroristes…

Dans Spooks, dès les premières images, le ton est donné : les images sont froides, il pleut, les locaux sont sobres, de la paperasse, des gens qui travaillent vraiment… Bref, on est bien en Angleterre, mais ici pas d’espionnage international, pas de MI-6 donc, mais bien le MI-5, la protection du territoire, la sécurité intérieure du pays.

A ce propos, le titre français ne rend pas toute la signification du titre original. Spook, en anglais, c’est un fantôme, quelqu’un qui n’existe pas, et toute cette première saison pose justement cet enjeu-là : des agents qui mentent constamment à leurs proches, qui n’évoluent qu’avec des fausses identités, qui restent discrets… Ces héros-là sont des agents ordinaires, humains, vulnérables, proches de nous. Leurs missions quotidiennes n’ont rien d’héroïques ou de prestigieuses : ils empêchent une militante anti-avortement de faire sauter une bombe dans un marché couvert, ils règlent les questions de protocole pour la visite du président des Etats-Unis, ils gèrent une prise d’otages dans une ambassade, ils pourchassent un militant d’extrême-droite tenté par un coup de force politique. Pas de terrorisme du Moyen-Orient ou de complots internationaux, on reste dans le réaliste, sombre et froid, bien écrit.

L’un des épisodes restera d’ailleurs culte pour son réalisme. Lors d’une mission d’infiltration ordinaire, l’une des agents – pourtant présentée comme membre de l’équipe et donc personnage récurrent – est démasquée et se voit brûlée vive. Ici, pas de miracle, pas de sauvetage de dernière minute. La violence de la scène est aussi inattendue qu’insoutenable. La série pose là sa marque, réaliste et sans concession.

On le sait, il ne faut pas s’attacher au casting dans les séries anglaises. Tout peut leur arriver, aucun personnage n’est à l’abri d’une mort ou d’une disparition. Le cliffangher de la saison 1 – terriblement cruel, sans pour autant user d’effets pyrotechniques – rappelle qu’on est bien face à une série british, et qu’il n’y a pas forcément de retournement de dernière minute pour sauver les gentils…

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Le casting est remarquable, et je vous cache pas mon plaisir de retrouver Keeley Hawes après mon deuil de Ashes To Ashes. Mais si l’un d’entre eux crève l’écran, c’est bien Matthew McFayden. Toute la saison tourne d’ailleurs autour de son personnage et sa difficulté de concilier ses engagements professionnels et privés. Mais tous les personnages sont bien travaillés, et on est loin de tout manichéisme. Difficile de dire qui est tout blanc ou tout noir, tous semblent avoir un passé intéressant et il me tarde d’approfondir leurs histoires respectives.

La saison 1 passe vite, très vite, seulement six épisodes, mais on aperçoit déjà le potentiel de cette série hors-normes. Les scénarios sont solides, bien écrits, le casting est très bon, la réalisation est impeccable et prouve qu’il n’y a pas que 24 qui sait se servir du split-screen. Bref, une première saison sans fausse note !

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