[Avant-première] Bus Palladium

Pour moi, la première raison de voir Bus Palladium s’appelle Marc-André Grondin.

Il crevait l’écran en 2005 avec sa gueule d’ange et son rôle principal dans C.R.A.Z.Y, petite perle du cinéma québécois classé dans mes grands coups de cœur.

Rien que sa présence, donc, était suffisante pour aller voir le film.
Savoir qu’il était projeté en avant-première en présence de l’équipe du film, c’était la cerise sur le gâteau !

bus_palladium_afficheSortie le 17 mars

Bus Palladium, c’est le premier film de Christopher Thompson en tant que réalisateur. Alors qu’il a quand même un gros bagage cinématographique derrière lui (petit-fils de Gérard Oury, fils de Danièle Thompson, avec qui il a co-écrit de nombreux scénarios), il a attendu la quarantaine avant de se lancer et passer derrière la caméra.

Pour son premier film, Christopher Thompson a choisi de nous parler de musique et d’amitié à travers une bande de jeunes musiciens.

Lucas, Manu, Philippe, Jacob et Mario s’aiment depuis l’enfance. Ils ont du talent et de l’espoir. Ils rêvent de musique et de gloire. Leur groupe de rock, LUST, connaît un succès grandissant, mais les aspirations de chacun rendent incertain leur avenir commun. L’arrivée de Laura dans leur vie va bousculer un peu plus ce fragile équilibre.

Le film débute dans l’effervescence d’un groupe qui débute. L’excitation et l’enthousiasme d’une bande de potes qui commence à se faire connaître. Puis petit à petit, des personnages se distinguent, qu’on apprend à connaître. A mon sens, c’est l’une des forces du film : ses personnages que Christopher Thompson rend familiers et attachants, interprétés par trois jeunes et brillants comédiens.

Lucas. Marc-André Grondin. Ce n’est pas le premier rôle mais tout tourne autour de lui. Le groupe se lance lorsqu’il revient, et se dissout lorsqu’il part. Il est conscient de la fragilité de ce qu’ils construisent, se laissant sans cesse l’option d’une autre vie. Marc-André Grondin, toute en délicatesse et en maturité, fait ressentir toutes les luttes intérieures de Lucas.

Manu. Arthur Dupont. Le leader du groupe. Il a un charisme et un talent indéniable qui sont un repère pour les membres du groupe. Arthur Dupont, déconcertant par sa fraicheur et sa sincérité, est une jolie découverte et interprète avec sensibilité l’écorché vif qu’est Manu.

Laura. Élisa Sednaoui. Elle est celle dont tout le monde est amoureux. Elle-même étant une amoureuse, de la musique. Elle sème le trouble, souffle sur les rivalités et provoque les disputes. Elle aime deux garçons en même temps sans états d’âme mais avec la même sincérité. Elisa Sednaoui incarne ce paradoxe d’être séductrice et libre tout en étant assez fragile pour être attachante.

Ces trois personnages principaux incarnent une belle fragilité qu’on quitte finalement avec regret. Je ne veux pas oublier la lumineuse Naomi Greene, Rizzo, bien trop sous-exploitée à mon goût, qui, dans le dernier plan, regarde au loin avec la force et l’espoir d’un avenir qu’on espère plus radieux.

Palladium_Rizzo

Finalement, ce n’est pas la grande épopée rock promise par la bande-annonce, mais un agréable moment de cinéma, sur des relations fortes, parfois troubles, sur l’adieu douloureux à l’adolescence et le renoncement difficile à leurs rêves.

Ne serait-ce que pour les jeunes comédiens qui crèvent l’écran, le film vaut le détour !

Le rock, c’est quoi ? C’est nous. Ensemble. Maintenant.

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