Super 8 : le projet top-secret de JJ Abrams

 

Tous ses fans le savent, JJ Abrams et son équipe soit les rois de la communication virale. Souvenez-vous du buzz qu’avait fait la promo de Cloverfield en 2007. Le film vaut ce qu’il vaut, mais JJ Abrams est prêt à récidiver cette année avec un nouveau projet intitulé pour l’instant Super 8. Un teaser du film est diffusé depuis hier dans les salles américaines avant Iron Man 2.

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JJ Abrams souhaite faire de ce film un hommage à l’œuvre de Spielberg. Comme dans Les Dents de la Mer, E.T. et Rencontres du Troisième Type, le scénario devrait raconter les aventures de « gens normaux » qui se retrouvent confrontés à des évènements extraordinaires (voire extraterrestres). Produit par les studios Paramount Pictures, ce film sera réalisé par J.J. Abrams lui-même et produit par Steven Spielberg.

Contrairement aux rumeurs qui circulaient, Super 8 n’est pas la préquelle de Cloverfield. Le scénario est gardé secret mais à en juger par le teaser – rapidement apparu sur internet – l’histoire se déroulerait en 1979, évoluant autour de la mythique zone 51, base militaire top-secrète. Et quelque chose semble s’en échapper suite à un accident de convoi.

Les messages apparaissant dans le teaser :

« En 1979, l’US Air Force ferme une section de la zone 51 »

« Tous les matériaux doivent être transportés vers une installation sûre dans l’Ohio »

Un accident semble avoir eu lieu, la caméra se centre alors sur un wagon dont la porte s’agite.

« L’été prochain » « Il arrive »

London Nights

London Nights, c’est l’histoire de deux jeunes adultes qui promènent leur spleen et leurs idéaux dans les affres des nuits londoniennes.

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On suit Axl qui a quitté son Espagne natale pour retrouver le père qui l’a abandonné quand il était gosse. De dérives en errances nocturnes, de lits en lits (Unmade Beds en VO), il échoue dans un squat de Londres où il est recueilli par Mike. Dans ce même squat vit Vera, jeune française qui a du mal à se reconstruire après une rupture amoureuse. Ces deux-là ne se croisent jamais ou très furtivement. Tout les oppose, tout les sépare, mais on sait pertinemment que ces deux destins finiront par se rejoindre à un moment. Mais ce n’est pas le réel but du film…

Le hasard et la rencontre sont les pivots de London Nights. Les coïncidences qui n’en sont peut-être pas, les amis éphémères, les rencontres improbables et les confidences embrumées par l’alcool, voilà le cœur du film. Les rencontres, soudaines, magiques, étranges, qui nous en apprennent bien plus sur nous-mêmes que la stricte solitude. L’histoire d’Axl et de Vera importe peu, c’est leur quête d’eux-même qui est touchante. L’alcool fait oublier à Axl chaque soirée arrosée, ne gardant aucun souvenir de ses rencontres. Vera s’aventure dans une relation improbable sous la forme de rendez-vous incertains et hypothétiques.

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Alexis Dos Santos laisse sa caméra divaguer au rythme de ses personnages. Il les filme au plus proche comme pour nous faire entrer dans leur intimité. Il y a dans sa façon de filmer les corps qui se trouvent, se découvrent, s’aimantent, se séparent, une sensibilité qui nous immerge dans ces étreintes aussi passionnées qu’éphémères.

Un parcours initiatique. La perte des repères. On s’invente une identité, un passé, un père, on se masque et se démasque, on se dévoile, on se confie, on prétend être celui que l’on n’est pas mais que l’on voudrait être. On se découvre, mais surtout on se construit.

London Nights, c’est un voyage sensuel dans une ville cosmopolite en toile de fond plutôt que de véritables tranches de vie. Des personnages qui cherchent à se construire et à donner un sens à leur vie. C’est beau et triste à la fois.

Une petite curiosité de poésie mélancolique à découvrir.

Valhalla Rising ou Le Guerrier Silencieux

Dans la mythologie viking, les guerriers nordiques considéraient qu’après être tombés sur le champ de bataille, leurs esprits s’envolaient vers le palais d’Odin, le Valhalla. Dans ce paradis viking au sein même du royaume des Dieux, les guerriers avaient tout pour être heureux. Ils passaient la nuit à festoyer et à s’imbiber d’hydromel, le jour, ils s’engageaient dans une féroce bataille contre les forces du mal pour y périr avant de mieux renaître et de remettre ça le lendemain. Le tout pour l’éternité.

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Le titre français du Guerrier Silencieux enlève malheureusement cette dimension mythologique. Il donne certes une indication sur le mutisme du personnage principal, One-Eye, mais passe à la trappe le caractère intriguant de l’original, Valhalla Rising, qui fait donc référence à ce tumultueux paradis des dieux nordiques qui ressemble, pour beaucoup, à une vison de l’enfer.

Difficile de résumer Valhalla Rising sans en donner sa propre interprétation.
Pour faire bref, One-Eye est un guerrier viking, sauvage et muet. Pendant des années, il a été le prisonnier d’un chef de clan qui l’utilisait pour des combats à mort. Quand il arrive à échapper à ses geôliers, un jeune garçon choisit de l’accompagner. Sur leur route, ils rencontrent des vikings fraichement convertis au christianisme qu’ils décident de suivre. Ils s’embarquent alors pour un voyage au cœur des ténèbres.

Un conte métaphysique

En allant voir Valhalla Rising, il ne faut pas s’attendre à un film de vikings. Pas de combats épiques ou de joutes martiales. Le contexte s’y prêterait : on se situe dans un monde barbare et les premières guerres de religions sont sur le point de commencer. Pourtant, aucun dialogue pendant les dix premières minutes. Juste la violence et des étendues brumeuses. Le film, à l’image de One-Eye, est quasi-muet. L’action n’est pas au cœur de Valhalla Rising. S’il débute avec la brutalité sourde d’un film de vikings, il s’enfonce ensuite vers un ailleurs filmique.

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Entre contemplatif et onirisme, vous voilà embarqués dans un film quasiment expérimental. Installez-vous confortablement et laissez vos attentes et vos préjugés de côté. Certains trouveront peut-être désagréable de se laisser ainsi mener par un film aussi inattendu, les autres, ceux qui arriveront à se laisser emporter vivront une expérience filmique à part.

Dans Valhalla Rising, peu importe la destination, seul compte le voyage. A l’image de cette longue et interminable odyssée à bord de leur drakkar cerné par la brume. Tout au long du film, le mystère ne fait que s’épaissir : mystère d’une terre inconnue, mystère d’un personnage omniprésent à l’écran dont on ne connaitra jamais ni la voix, ni l’histoire, mystère d’un lien invisible et fort entre l’enfant et le guerrier…

Le film de Nicolas Winding Refn est un voyage vers l’enfer autant qu’un voyage intérieur. Il soulève autant de thématiques qu’il suscite d’interprétations. Autant de questions qui ne trouveront pas toutes des réponses. Quelle est la véritable nature de ce périple ? Qui est One-Eye ? Est-il une sorte de passeur emmenant les âmes damnées en enfer ? Un messie conduisant les hommes vers une forme de spiritualité ? Un Dieu viking (il est borgne comme Odin…) ? Ou un simple guerrier devant affronter une ultime épreuve avant d’atteindre le Valhalla ?

valhalla-rising-guerrier-silencieux

Impossible d’en saisir toute la richesse. Valhalla Rising est une œuvre singulière que l’on découvre certainement un peu plus à chaque visionnage. A découvrir au cinéma si vous en avez l’occasion (il est distribué dans moins d’une trentaine de salles à ce jour), pour vivre une expérience entre trip sensoriel et film mystique.

[Avant-première] Bus Palladium

Pour moi, la première raison de voir Bus Palladium s’appelle Marc-André Grondin.

Il crevait l’écran en 2005 avec sa gueule d’ange et son rôle principal dans C.R.A.Z.Y, petite perle du cinéma québécois classé dans mes grands coups de cœur.

Rien que sa présence, donc, était suffisante pour aller voir le film.
Savoir qu’il était projeté en avant-première en présence de l’équipe du film, c’était la cerise sur le gâteau !

bus_palladium_afficheSortie le 17 mars

Bus Palladium, c’est le premier film de Christopher Thompson en tant que réalisateur. Alors qu’il a quand même un gros bagage cinématographique derrière lui (petit-fils de Gérard Oury, fils de Danièle Thompson, avec qui il a co-écrit de nombreux scénarios), il a attendu la quarantaine avant de se lancer et passer derrière la caméra.

Pour son premier film, Christopher Thompson a choisi de nous parler de musique et d’amitié à travers une bande de jeunes musiciens.

Lucas, Manu, Philippe, Jacob et Mario s’aiment depuis l’enfance. Ils ont du talent et de l’espoir. Ils rêvent de musique et de gloire. Leur groupe de rock, LUST, connaît un succès grandissant, mais les aspirations de chacun rendent incertain leur avenir commun. L’arrivée de Laura dans leur vie va bousculer un peu plus ce fragile équilibre.

Le film débute dans l’effervescence d’un groupe qui débute. L’excitation et l’enthousiasme d’une bande de potes qui commence à se faire connaître. Puis petit à petit, des personnages se distinguent, qu’on apprend à connaître. A mon sens, c’est l’une des forces du film : ses personnages que Christopher Thompson rend familiers et attachants, interprétés par trois jeunes et brillants comédiens.

Lucas. Marc-André Grondin. Ce n’est pas le premier rôle mais tout tourne autour de lui. Le groupe se lance lorsqu’il revient, et se dissout lorsqu’il part. Il est conscient de la fragilité de ce qu’ils construisent, se laissant sans cesse l’option d’une autre vie. Marc-André Grondin, toute en délicatesse et en maturité, fait ressentir toutes les luttes intérieures de Lucas.

Manu. Arthur Dupont. Le leader du groupe. Il a un charisme et un talent indéniable qui sont un repère pour les membres du groupe. Arthur Dupont, déconcertant par sa fraicheur et sa sincérité, est une jolie découverte et interprète avec sensibilité l’écorché vif qu’est Manu.

Laura. Élisa Sednaoui. Elle est celle dont tout le monde est amoureux. Elle-même étant une amoureuse, de la musique. Elle sème le trouble, souffle sur les rivalités et provoque les disputes. Elle aime deux garçons en même temps sans états d’âme mais avec la même sincérité. Elisa Sednaoui incarne ce paradoxe d’être séductrice et libre tout en étant assez fragile pour être attachante.

Ces trois personnages principaux incarnent une belle fragilité qu’on quitte finalement avec regret. Je ne veux pas oublier la lumineuse Naomi Greene, Rizzo, bien trop sous-exploitée à mon goût, qui, dans le dernier plan, regarde au loin avec la force et l’espoir d’un avenir qu’on espère plus radieux.

Palladium_Rizzo

Finalement, ce n’est pas la grande épopée rock promise par la bande-annonce, mais un agréable moment de cinéma, sur des relations fortes, parfois troubles, sur l’adieu douloureux à l’adolescence et le renoncement difficile à leurs rêves.

Ne serait-ce que pour les jeunes comédiens qui crèvent l’écran, le film vaut le détour !

Le rock, c’est quoi ? C’est nous. Ensemble. Maintenant.

[Avant-première] Tête de Turc

J’ai assisté hier soir à l’avant-première de Tête de Turc, en présence de Pascal Elbé. Le film, que l’on pourra découvrir sur nos écrans le 31 mars prochain, marque les premiers pas de l’acteur derrière la caméra. Il se dote d’ailleurs pour l’occasion d’une triple casquette en étant à la fois acteur, scénariste et réalisateur et nous livre un polar social.

Tête de TurcSortie le 31 mars

Un geste, et tout bascule. Un adolescent de 14 ans, un médecin urgentiste, un flic en quête de vengeance, une mère qui se bat pour les siens, un homme anéanti par la mort de sa femme voient leurs destins désormais liés. Alors que le médecin passe plusieurs jours entre la vie et la mort, les événements s’enchaînent et tous seront entraînés par l’onde de choc.

Autant le dire tout de suite, pour un premier film, Tête de Turc est efficace. En choisissant de traiter son sujet en utilisant les codes du polar et du film noir, Pascal Elbé évite avec finesse les pièges d’un film social sur les problèmes des banlieues. On y parle de communautarisme, de traditions, de rédemption, de responsabilités. On n’est pas vraiment devant un petit film sans prétention, Tête de Turc est ambitieux.

Ici, pas de clichés, pas d’empathie pour les uns ou de diabolisation pour les autres, pas de jugements. Le film pose intelligemment des questions sans jamais y répondre, car si c’était le cas ça voudrait dire que la solution à ces problèmes existe, on ne sait que trop bien que ce n’est pas le cas.

Ronit Elkabetz

Pascal Elbé pioche chez les plus grands et ne cache pas ses influences. Dans les œuvres familiales et torturées de James Gray ou de Martin Scorsese, dans les films choral de Robert Altman, de Paul Haggis ou encore des films d’Alejandro Iñarritu.

Le duo d’acteurs Roschdy Zem/Pascal Elbé fonctionne à merveille, Ronit Elkabetz est magnifique en mère digne et fière, Samir Makhlouf est étonnant de sincérité pour ses débuts au cinéma.

Un casting de choix pour un film intelligent, noir et sans concessions. Une belle surprise du cinéma français !

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