Torchwood : Miracle Day, la déception

Je ne voulais pas écrire cette review parce que je n’ai pas grand chose de positif à dire sur cette saison, puis après avoir ruminé ma déception, j’ai finalement décidé de partager avec vous le pourquoi du comment…

Torchwood et moi, c’est une histoire particulière. Ça a commencé simplement en cherchant à découvrir une série fantastique, avec la touche british en plus. J’ai regardé et aimé les deux premières saisons comme un simple divertissement : une équipe d’agents chargés d’enquêter et de protéger la Terre contre les aliens. Le pitch ne promet pas monts et merveilles, le budget n’est pas faramineux et ça se sent, les histoires sont loin d’être crédibles mais c’est tout le charme de Torchwood je trouve. Se laisser prendre au jeu, suivre ces personnages si différents les uns des autres et commencer à s’y attacher malgré tout. Puis surtout être séduite par Jack Harkness, ce Captain d’un autre temps qui mène avec bienveillance et détermination son équipe à travers les épreuves. Bref, au bout de deux saisons d’aventures, j’étais conquise. Puis entre temps j’ai découvert Doctor Who, et là c’était foutu. J’étais tombée dans la marmite du Whoniverse.

Autant dire que la troisième saison Children of Earth, après deux saisons à considérer la série comme du simple divertissement, m’a bouleversé. Les sujets abordés, son traitement extrême et sans pitié, son regard porté sur l’Homme ont directement hissé Torchwood dans mon petit panthéon personnel des séries.

D’où ma grande déception de cette dernière saison, the Miracle Day.

Miracle Day ou l’histoire du monde quand la Mort cesse d’exister. L’idée était géniale, surtout autour d’un personnage qui lui ne peut pas mourir depuis des siècles. Je suis d’autant plus frustrée que certaines pistes évoquées étaient intéressantes. Les conférences mise en place par les médecins pour gérer cette nouvelle non-mortalité et l’explosion de la démographie laissaient présager une réflexion passionnante sur notre société… Mais non, le sujet n’a pas été approfondi. J’ai cette désagréable sensation que tout a été survolé pendant la saison. Pourtant le format de la série – 10 (longs !) épisodes – aurait pu permettre de se poser, d’observer comment la société en général réagit à ce Miracle, puis au travers des citoyens eux-mêmes, on aurait pu prendre le temps de construire des relations entre les personnages, de nous donner de la profondeur à ces derniers. Mais l’action a été préférée à l’introspection. L’introduction de la CIA tourne malheureusement très vite la série vers une sorte de thriller politique. Aucune allusion à des aliens, aucun gadget extraterrestre, on en vient à se demander quelle est l’utilité de reformer Torchwood. On comprend au fil des épisodes l’utilité de Jack Harkness en tant que personne mais je n’ai pas du tout saisi l’intérêt de mobiliser Gwen, puis d’impliquer Rhys dans l’histoire à travers des séances de webcam inutiles…

Je suis un peu amère. Je ne suis pas forcément une inconditionnelle de séries fantastiques mais dans ce cas je ne comprends pas pourquoi faire une nouvelle saison de Torchwood s’il n’y a plus rien de l’essence de Torchwood. Seul Jack reste le pilier de cette saison et pourtant même lui a perdu de son charisme et de sa prestance. Un seul épisode, le 4×07, Immortal Sins – le meilleur pour moi – se concentre sur son passé et nous éclaire sur les raisons de ce mystérieux Miracle.

Concernant les nouveaux personnages, on peine à s’attacher à l’un d’entre eux. Entre deux explosions, pas facile de prendre le temps de connaître leurs motivations, leurs failles ou leur part d’humanité. Esther est la seule pour qui j’ai eu un court soupçon de sympathie. Le Docteur Juarez dans une autre mesure était un personnage que j’ai bien aimé également. Pour les autres, quelle déception ! Je me souviens encore de l’excitation quand j’avais lu les noms de Bill Pullman et Lauren Ambrose au casting de Torchwood

Pour Rex, c’était mal parti dès le premier épisode et à aucun moment je n’ai réussi à avoir ne serait-ce qu’une once de sympathie pour ce personnage.

Je ne parlerai pas de l’américanisation de la série. Après tout, il y a des séries d’action et/ou fantastique que j’aime beaucoup outre-Atlantique. Je savais pertinemment qu’en délocalisant Torchwood, on perdrait la touche britannique, sauf que j’ai l’impression d’avoir perdu beaucoup plus que ça…

Je ne ferai aucun commentaire sur la toute fin, ce fameux twist qui devrait nous donner envie d’attendre avec impatience la suite. Pour ma part, je me demande encore comment Russel T. Davies a pu faire ça de sa série… Peut-être que je changerais d’avis, mais à l’heure actuelle, je ne pense même pas regarder la prochaine saison. Je préfère effacer cette chose de ma mémoire et me souvenir des trois saisons que j’avais tant aimé.

 

Friday Night Lights – Saison 1

J’ai la fâcheuse manie de lire presque tous les billets de la Sorcière même quand je ne suis pas les séries qu’elle regarde. Elle me fait rire dans sa façon d’écrire et de reviewer les séries par épisode, c’est un peu devenu un passage obligé après un visionnage d’épisode. C’est un peu à cause d’elle que j’en suis arrivée à lire ses reviews sur Friday Night Lights sans savoir ce que c’était.

Friday Night Lights. Bon. Comment dire… C’est une série américaine avec des ados et du football inside, c’est donc sans surprise que ça n’avait pas retenu mon attention… Mais la Sorcière en a largement vanté les mérites et ça a commencé à titiller ma curiosité…

Puis Lorna s’y est mise, et ça lui a plu aussi. Comme c’est une blogueuse qui regarde souvent de bonnes choses, je me suis demandée si j’étais passée à côté d’une bonne série…

C’est finalement suite à la pression des twittos sériphiles que la saison 1 de Friday Night Lights s’est retrouvée sur mon écran et qu’au bout de quelques jours de visionnage j’ai eu ma réponse : oui, j’étais passée à côté d’une bonne série, mais ouf ! C’est maintenant réparé !

Friday Night Lights, c’est l’histoire de Dillon, une petite ville du Texas où le quotidien de ses habitants se cristallise autour des matchs du vendredi soir. On commence la saison avec l’arrivée d’Eric Taylor, nouveau coach de l’équipe de football américain du lycée, qui doit gérer la pression que la ville entière lui met sur les épaules afin que son équipe, les Panthers, soit la meilleure du championnat…

Parce qu’à Dillon, petite ville paumée du Texas comme tant d’autres, il ne se passe rien, hormis les matchs du vendredi soir. On découvre les joueurs de l’équipe, leurs rivalités, leur quotidien, on retrouve les cheerleaders, mais on suit aussi la famille du Coach… On se rend compte que le football américain au centre de tout est surtout un prétexte pour observer vivre cette petite ville.

Je ne pensais pas m’attacher autant aux personnages… Après tout, ce sont des ados, des teenagers qui, parce qu’ils font partie de l’équipe du lycée, se prennent pour les rois de la ville. Il y a Jason Street, le leader populaire qu’un malheureux accident vient faucher au début de sa gloire, il y a sa copine Lyla, la pom-pom girl un peu trop parfaite, il y a Tim Riggins le bad boy et sa copine un peu rebelle Tyra. Il y a aussi Matt Saracen qui est propulsé malgré lui en quaterback et qui doit gérer beaucoup trop de choses pour un simple ado… Et puis tous les autres…

Sur le papier, ça aurait pu être profondément agaçant. C’est quelque chose que j’ai du mal à supporter, le fait de mettre des personnes dans des cases sans leur permettre de changer. J’avais évidemment peur des clichés comme celui du quaterback sortant avec la cheerleader populaire. Et on n’y coupe pas. Mais on réalise que c’est comme ça « en vrai », ça pourrait être un faux documentaire sur la « vraie » vie texane, on s’y croirait. Oui, tout tourne autour de l’équipe des Panthers dans cette ville, oui il y a les lycéens populaires et les loosers, mais là où Friday Night Lights a su me séduire, c’est que les personnages ne restent pas coincés dans ces cases-là. Ils souffrent, ils se battent, ils s’en prennent plein la gueule, ils essaient d’aller de l’avant. Rien n’est tout noir ou tout blanc pour eux.

On découvre aussi des choses qu’on ne voit pas de la même façon en France comme la religion omniprésente dans la vie de chacun, les particularités de leur système scolaire, la pression qu’on met sur les joueurs de l’équipe pour leur avenir professionnel…

On suit le quotidien des joueurs et leur dynamique entre eux, mais également leurs relations avec les adultes à travers le Coach Taylor ou sa femme Tami qui est aussi leur conseillère au lycée. Puis il y a les relations entre les adultes eux-même, dans la famille Taylor, avec les parents, les personnalités influentes de la ville… C’est vraiment la vie d’une communauté qu’on découvre, un peu en immersion, où chaque personnage est écrit en profondeur, avec ses problèmes et ses espoirs, ses envies et la réalité… C’est finalement la chronique d’une petite ville qui m’a beaucoup plu !

Je ne pensais pas m’attacher autant et pourtant j’ai envie de les accompagner pour les prochaines saisons ces teenagers. Comme je le dis souvent, c’est ça que j’aime dans les séries, c’est ressentir des choses, pleurer pour un personnage, le détester, puis l’aimer, vivre des moments d’émotions, et Friday Night Lights le fait à merveille !

Clear eyes, full hearts, can’t lose !

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