Spaced, c’est une série anglaise qui a un peu plus de 10 ans (1999) et qui n’a pas pris une ride. Pour la situer, elle s’inscrit dans la même veine que The Big Bang Theory ou The IT Crowd : bourrée de références à la culture pop, au cinéma, aux séries, aux jeux vidéos et aux comics.
Après visionnage des 14 épisodes qui forment les deux uniques saisons de Spaced, on peut la qualifier comme pionnière dans le genre, à une époque où – il me semble – la tendance « geek » n’était pas aussi mise en avant qu’aujourd’hui.

C’est l’histoire de Tim et Daisy, deux jeunes un peu paumés qui se rencontrent par hasard dans un café. Tim est dessinateur de comics, qui n’a encore jamais vendu ses œuvres. Il bosse en attendant dans un magasin de comics. Daisy est journaliste – ou plutôt aimerait l’être – et trouve toujours une bonne excuse pour ne pas se mettre devant sa machine à écrire.
Tous les deux galèrent à trouver un logement et ils décident donc de se faire passer pour un couple d’honnêtes travailleurs pour décrocher la location d’un appart.
Ils trouvent leur bonheur dans une maison partagée au 23 Meteor Street, où vivent Marsha, leur propriétaire et Brian, un artiste conceptuel qui ne trouve son inspiration que dans la colère, le désespoir et l’agression. Le meilleur ami de Tim, Mike, et la meilleure amie de Daisy, Twist, leur rendent visite fréquemment et complètent cette bande de joyeux lurons.

La série suit leur quotidien, assez ordinaire mais souvent mouvementé, penchant parfois dans le surréalisme le plus barré. Chaque épisode, centré sur un sujet, recèle un paquet de références et je suis sûre d’en avoir loupé pas mal, notamment dans le domaine des jeux vidéo et des comics. On a droit à de nombreuses allusions à Star Wars (l’évocation de la Menace Fantôme met Tim dans tous ses états), à Matrix, à 2001, l’Odyssée de l’espace, à Tekken dans les faux combats entre Tim et Mike, à X-Files, Fight Club, Scooby-Doo… et même un clin d’oeil à Doctor Who avec le Tardis dans la boutique de comics !
La réalisation que l’ont doit à Edgar Wright est particulièrement soignée. Chaque scène est tournée comme un film et on est bien loin des sitcoms classiques tournées exclusivement en plateau, avec rires enregistrés. On croise à plusieurs occasions les prémisses et les idées qu’il développera dans ses longs métrages Hot Fuzz ou Shaun of the Dead (dans lesquels on retrouve d’ailleurs les inséparables Simon Pegg et Nick Frost).

Les dialogues écrits (et joués donc) par Simon Pegg et Jessica Stevenson sont de petites perles et leur duo fonctionne à merveille. Les seconds rôles sont tout autant barrés et franchement drôles.
En parlant du casting, le Whoniverse est vraiment petit et jamais loin dans les séries anglaises, puisque de nombreuses têtes se retrouveront plus tard dans des épisodes de Doctor Who.
Jessica Stevenson (devenue Haynes) sera Joan Redfern, l’institutrice dont Ten tombe amoureux quand il est temporairement humain dans The Family of Blood. Simon Pegg fera une apparition dans The Long Game dans le rôle de l’Editor. On croise Mark Gatiss (scénariste et acteur) qui joue ici un agent façon Matrix.
Et ô joie ! John Simm – le génial Master – est ici un trafiquant, silencieux mais ô combien sexy !

Bref, Spaced est une série riche, aussi bien du point de vue de l’écriture que du visuel. C’est un petit bijou d’humour avec des références à la pelle, qui n’a pas souffert du poids des années… A voir un jour ou l’autre, mais attention série culte !
Edit : Je sais que ce n’est pas toujours évident de trouver ces petites séries anglaises dont je vous bassine parle à longueur de blog, mais pour celle-ci, pas d’excuses, je vous propose l’Intégrale de Spaced en streaming pour vous faciliter la vie, rien que ça !







