Je viens de terminer Ashes To Ashes. J’ai voulu à un moment écrire ma review sur la saison 2 mais avant que l’inspiration ne vienne, j’avais déjà bien entamé la saison 3. A vrai dire, je ne les ai pas vu passer ces épisodes, et je suis encore un peu sous le choc, là. Je suis dans le même état d’esprit que lorsque j’avais terminé Torchwood - Children of Earth. En deuil. Bouleversée. Comme si je redoutais de ne plus trouver d’autres séries à la hauteur de celle-ci…
C’est la gorge serrée et les larmes aux yeux que j’ai donc bouclé la mythologie de Ashes To Ashes et par extension de Life On Mars. Et bon sang, ça restera l’une des plus belles séries que j’ai vu ces derniers temps !
Est-ce utile de préciser que si vous n’avez pas vu la saison 3 de Ashes To Ashes ou si vous souhaitez un jour vous y mettre, ne continuez pas votre lecture ! Si d’ailleurs vous cédez à l’envie d’y jeter un œil, commencez évidemment par Life On Mars, sous peine de ne pas tout comprendre…
Vous êtes prévenus, attention spoilers !

Au fil des épisodes, que ce soit durant Life On Mars ou Ashes To Ashes, je me suis souvent demandé pourquoi je persistais à regarder une série qui de prime abord ne rentrait pas du tout dans mes critères de préférences. C’est étrange parce qu’à vrai dire, les séries policières, j’en regarde peu, voire pas du tout. J’ai du mal à accrocher au côté répétitif des enquêtes en règle générale, et pourtant il y a quelque chose dans Ashes To Ashes qui m’a tenu en haleine jusqu’au bout. La relation Gene/Alex en tête, l’évolution de Chris, l’affirmation de Shaz, la mission d’Alex… Avec le recul, je comprends maintenant que les diverses intrigues n’étaient que des détails, des prétextes censés agir sur les policiers eux-mêmes, à les faire évoluer, les pousser à affronter leurs démons. Le plus important, c’était eux, les personnages. Ray, Chris, Shaz, Alex. Et Gene Hunt. Au cœur de tout.
Je n’ai pas pu m’empêcher de comparer cette fin à celle de Lost. Là aussi, les scénaristes avaient voulu placer leurs personnages au centre de l’histoire, quitte à mettre de côté au final une grande partie de la mythologie fantastique de la série. Là où j’ai été déçue et frustrée par la fin de Lost, j’ai été satisfaite, comblée et touchée par la fin de Ashes To Ashes ! Parce que tout s’emboite comme un puzzle, parce que c’est cohérent, parce que chaque question obtient sa réponse. Ce dernier épisode suffit pour clôturer les deux séries, que l’on peut finalement considérer comme une seule et même série. Quiconque s’est aventuré à regarder Life On Mars se doit de regarder et de terminer Ashes To Ashes. Elle ne peut pas être considérée comme un simple spin-off. La fin légitime à elle-seule l’existence de la série, complément indispensable à la compréhension de toute la mythologie.

Pendant les trois saisons, on suit donc Alex Drake (superbe Keeley Hawes au passage) dans ce monde qu’elle pense créé par son subconscient et son seul objectif (et le nôtre) est de comprendre quelle est sa véritable mission pour avoir enfin le droit de se ‘réveiller’ et de retrouver sa petite Molly.
J’avoue que jusqu’au bout, je n’ai pas compris. Jusqu’au bout, j’attendais le déclic pour qu’elle puisse enfin se réveiller de son coma.

Finalement, non seulement ce n’est pas son subconscient mais elle n’est pas la seule bloquée dans ce monde. En réalité, ce monde entier est un lieu où les policiers se retrouvent quand ils sont sur le point de mourir. Un entre-deux mondes, où les souvenirs de la vie passée s’effacent peu à peu. Ce qui veut dire que Chris, Ray, Shaz et tous les autres sont également entre ces deux mondes. Mais pour eux, il est trop tard, ils sont morts depuis longtemps. La façon dont ils découvrent la vérité sur leurs morts, entre les silences de Ray et Chris, et le cri terrible de Shaz, est d’ailleurs vraiment déchirante.
Puis on comprend comment on s’en sort. Comment une fois leurs démons affrontés, ils peuvent avancer et quitter cet endroit. Comment Sam Tyler et Annie s’en sont sortis eux aussi. On a donc affaire à une sorte de purgatoire, même si le mot n’est jamais prononcé. Tout comme, jamais la lutte entre le Bien et le Mal est formulée explicitement. Et c’est là toute la subtilité de ce final, il n’a pas besoin d’expliquer mots à l’appui ce qu’on est en train de comprendre doucement. L’implicite et les non-dits le font très bien et avec la même force qu’un long discours.

C’est dans un pub dans lequel retentit Life On Mars de Bowie que les âmes peuvent aller de l’avant. A la fin de cette saison, Chris, Ray et Shaz sont prêts à franchir cette dernière étape. Chacun a pu s’affirmer, combattre ses frustrations et faire la paix avec soi-même. Voilà pourquoi on a pu entendre les accords de Life On Mars à la fin de plusieurs enquêtes, celles qui ont été importantes pour chacun d’entre eux.
Puis vient le tour d’Alex.
Elle a toujours été focalisée sur son objectif : tout faire pour se réveiller du coma et retrouver sa fille. Toutes ses actions dans ce monde ne vont que dans ce sens-là. Et toute notre attention (du moins la mienne) est portée sur le prix qu’elle va devoir payer pour s’en sortir.
Mais contrairement à ce qu’elle pensait, toute sa lutte au côtés de Gene n’était pas une mission qui lui permettrait de repartir, mais tout simplement son propre parcours dans cet entre-deux mondes.

Au moment où elle comprend qu’elle est morte elle-aussi, les mouchoirs sont sortis depuis un moment, mais la scène est particulièrement émouvante. Gene la rassure, dans un geste de tendresse qu’on ne lui connait pas, les adieux sont sobres mais déchirants et je suis en larmes. Alex entre à son tour dans le bar, laissant Gene seul, dans ce monde dont il est une sorte de gardien. Sa mission est terminée pour ces quatre-là, avant que d’autres ne débarquent et aient besoin de son aide…
Gene Hunt, au cœur de tout. Il n’y pas plus vrai. C’est lui le pilier de ce monde, le guide, celui qui doit accompagner les flics morts vers la prochaine étape donc. Et je trouve qu’il ne pouvait pas y avoir plus beau rôle pour Gene Hunt, élément central des deux séries.
J’ai été vraiment émue de boucler ainsi Ashes To Ashes (et Life On Mars par extension), mais il faut avouer que cet épisode arrive à conclure parfaitement une mythologie qui a été fascinante. L’émotion est au rendez-vous et c’est difficile de se séparer des personnages un à un, mais la série réussit brillamment où certaines échouent régulièrement : délivrer des réponses à chaque question posée. C’est une très belle fin, à la hauteur de la série.
Et face au manque qui se fait déjà ressentir, je me dis qu’un jour ou l’autre, il faudrait que je me revisionne la série depuis le début, Life On Mars y compris pour y poser un regard différent maintenant que je connais la révélation finale.
We can be heroes just for one day





