Misfits : « Vegas Baby ! » ou l’adieu à Nathan

La très bonne série anglaise Misfits reprendra cet automne pour une 3ème saison. J’avoue que je suis un peu mitigée, je ne sais pas quoi en attendre. Pendant 2 saisons, la série a été plutôt bonne mais depuis les rumeurs puis l’annonce du départ du personnage de Nathan, interprété par Robert Sheehan, j’ai un peu peur pour la suite.

Il n’était pas le seul à porter le succès de la série, mais son charisme, son attitude et son humour particulier en faisaient tout de même un élément important de la bande…

En attendant la 3ème saison et l’introduction d’un nouveau personnage, il y a cet épisode de 9 minutes diffusé uniquement en ligne, qui explique les raisons de l’absence de Nathan.

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A la fin de la saison 2, Nathan perd son pouvoir d’immortalité et hérite de pouvoirs de magicien. Il mène une belle vie d’escroc à Las Vegas avec sa chérie Marnie et son petit. Il semble profiter de son nouveau pouvoir dans les casinos mais se fait stupidement pincer (il gagne avec un 7 sur un dé !) et finit par se retrouver en prison.

Alors qu’en penser ?

Bof. Pour moi, ce n’est pas une fin digne de Nathan. Ce n’est ni époustouflant, ni grandiose, ni triste. Rien. Juste « histoire de dire »… Je me demande même s’il n’aurait pas été plus judicieux d’expliquer son absence par quelques phrases en début de saison 3 sans passer par un web épisode indépendant…

Là, ça me donne surtout l’impression de remuer le couteau dans la plaie. Voilà, cette frustration de savoir qu’on va devoir se passer du talent de Robert Sheehan, de son bagou, de sa gouaille, le tout avec pas mal de regrets pour ma part… Reste plus qu’à attendre de voir ce que va donner cette saison 3 de Misfits !

Misfits, quand les super-héros sont des marginaux

Misfits, c’est une série britannique qui regroupe cinq jeunes délinquants, Curtis, Kelly, Alisha, Simon et Nathan. Ils n’ont pas grand chose en commun, mais doivent faire leurs travaux d’intérêt général ensemble. Un jour, une tempête étrange se lève et la foudre les frappe. Alors qu’ils auraient du en mourir, ils se retrouvent avec des pouvoirs.

misfits

L’idée de départ fait furieusement penser à Heroes. Je vous arrête tout de suite, Misfits, ça n’a strictement rien à voir. Ni de près, ni de loin. Ici, la série repose sur un de ces scénarios improbables si chers aux Britanniques, et qu’ils savent rendre crédibles en deux temps trois épisodes.

C’est donc l’histoire de ces jeunes délinquants qui se retrouvent à accomplir ensemble des travaux d’intérêts généraux pour des bêtises qu’ils ont commises. Il y a Curtis, le marathonien déchu, Alisha, la jolie allumeuse, Nathan, le type qui ouvre un peu trop sa gueule, Kelly, qui a tendance à réfléchir davantage avec ses poings qu’avec sa tête et Simon, plutôt réservé et assez vite catalogué comme bizarre.

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Puis un orage éclate (avec des effets spéciaux très cheap, mais ça sera la seule faute de la série) et la foudre les frappe. Voilà comment ils se retrouvent chacun avec un pouvoir, sauf Nathan qui passera la saison à tenter de découvrir sa capacité cachée.

Mais si Nathan est le seul sans pouvoir, il a autant de mal que les autres à s’intégrer dans la société. Il parle trop et a tendance à énerver tout le monde mais est assez réaliste sur la vie qu’il mène et assume complètement ses excès qui font de lui ce qu’il est.

Simon serait plutôt à l’opposé de Nathan. Discret et solitaire, il cherche à se faire accepter par les autres. Sa capacité à devenir invisible est finalement en accord avec ce qu’il pense de lui-même.

Kelly est une fille assez agressive et sur ses gardes. Suite à l’orage, elle peut entendre les pensées des gens, ce qui n’est pas forcément un cadeau pour elle.

Curtis était sur le point de devenir un champion d’athlétisme avant de se faire attraper pour possession de drogue. Il peut remonter le temps.

Enfin, Alisha, la belle gosse est maudite par ce qui était pour elle son plus grand atout, son sex-appeal. Quiconque la touche, la désire sexuellement sans pour autant s’en souvenir par la suite.

Le hic, c’est que ce mystérieux orage a affecté d’autres personnes, comme leur agent de probation qui a pété un câble et qui va essayer de les tuer. Ce n’est alors que le début de leurs problèmes qui ne se résoudront pas sans conséquences.

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S’il fallait la rapprocher d’une série, ça serait à chercher du côté de nos amis anglais. Il y a du Skins dans l’aspect très réaliste de la série. On y retrouve des jeunes, reflet d’une génération un peu perdue, qui sont tous plus ou moins en marge de la société en quête d’identité. Il y a le style assez direct et le langage cru qui sont la marque de Skins et le non-politiquement correct que les anglais savent manier avec finesse.

Il y a du Being Human aussi dans la façon dont ces jeunes ordinaires se retrouvent avec des capacités hors du commun qu’ils n’ont jamais souhaitées et qui les obligent à mener une existence qu’ils n’imaginaient même pas.

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Contrairement à ce qu’on pourrait attendre, ces cinq jeunes ne vont pas profiter de leurs pouvoirs pour lutter contre le crime. A l’inverse, ces nouvelles capacités vont même les enfoncer un peu plus dans leur situation marginale. Et c’est là l’intérêt de cette mini-série : une réponse british aux clichés des comics américains…

La réalisation est impeccable, les dialogues sont efficaces, les acteurs sont convaincants, les situations sont réalistes voire même assez noires. L’intrigue ne se perd pas en route (6 épisodes, ça passe très vite) et surtout les personnages ne sont pas caricaturaux. Même si les cinq adolescents sont des misfits (des marginaux), ils ne tombent à aucun moment dans le cliché traditionnel des délinquants et sont à la fois drôles, exaspérants et émouvants.

Rajoutez à ça des scénarios originaux qui surprennent par leur qualité (je pense notamment à l’épisode 4 qui évite tous les pièges scénaristiques du voyage dans le temps) et une bonne dose d’humour, vous aurez une belle surprise pour cette première saison.

Au final, Misfits arrive à mêler avec succès quête identitaire, réalisme social et quelques codes du fantastique qui donnent un souffle rafraichissant à la série. Et, vu que l’on est en Angleterre, le tout est accompagné par une excellente bande-son (et accessoirement d’un générique bien sympa !)

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