Comic Con’ France – Passionnant Steven Moffat…

Dimanche, dernier jour du Comic Con’ France, était placé sous le nom de Steven Moffat, invité d’honneur de l’évènement.

Crédit photo : Alexane Trubert

En arrivant ce jour-là avec les amis qui m’accompagnent, ni une, ni deux, on ne perd pas de temps et on se dirige directement vers la « salle » où aura lieu le masterclass du scénariste. L’endroit est déjà bondé et des individus un peu bizarres, fez vissés sur la tête, tournevis en main attendent de pied ferme l’arriver de Moffat. Qu’il est bon de se retrouver entourés de fans ! C’est assez frustrant au quotidien de jubiler seule devant son écran à propos des créations d’un scénariste. C’est déjà bien agréable de pouvoir discuter d’un certain Docteur avec des amis qu’on a réussi à convertir, c’est carrément jouissif de se retrouver au milieu de tant de fans, à vénérer la même série ! J’ai vraiment eu l’impression d’appartenir à une communauté !

En tout cas, quand Steven Moffat apparaît, c’est une standing ovation qui l’accueille. Je ne pensais sincèrement pas que cette conférence du matin attirerait autant de monde. C’est une agréable surprise ! Tout comme c’est agréable de savoir que les gens connaissent (et aiment apparemment) ses autres créations telles que Jekyll et Sherlock.

La conférence menée par Alain Carrazé et Romain Nigita de 8 Art City couvre toute l’œuvre de Moffat en tant que scénariste, de ses débuts avec Press Gang et Coupling, jusqu’à Tintin en passant par Sherlock et Jekyll. Ils ne feront que survoler le cas du Docteur, la conférence de l’après-midi lui étant entièrement consacrée.

C’est particulièrement passionnant d’écouter un scénariste de renom évoquer l’évolution de sa carrière et donner quelques clés pour comprendre son œuvre. L’écouter parler de sa façon d’écrire, son attitude face à la page blanche (je pensais que ce type avait près de douze mille idées à la minute et ne pouvait tout simplement pas connaître la page blanche…) Il explique comment il aime jouer avec la linéarité dans ses histoires, raconter dans le désordre. Il partage avec nous les différences de traitement d’écriture entre Jekyll et Sherlock, dans l’approche de la modernisation de ces personnages.

Il aborde également son travail sur le script de Tintin, sur sa façon de travailler avec Spielberg et Jackson, via webcam…

Très passionnant à écouter donc !

S’ensuit la projection des 2 premiers épisodes de la saison 6, The Impossible Astronaut et Day of the Moon.

Étant accompagnée d’une amie qui n’a pas encore entamé l’ère Eleven (il faut bien prendre le temps de faire son deuil de Ten après tout…), on décide d’aller arpenter les allées à la recherche du stand de ScifiCollectorUK. Petit interlude parfait avant de revenir vers la salle de conférences pour retrouver Moffat.

On arrive en avance pour pouvoir s’asseoir cette fois et on profite d’un petit défilé impromptu de cosplays Doctor Who. Entre autres, une chouette réplique de Ten et un Tardis ambulant qui m’a beaucoup plu !

A l’entrée du showrunner sur l’estrade, à nouveau une standing ovation. J’ai un peu du mal à recoller les morceau de la rencontre donc de mémoire, il a fait allusion à l’écriture de l’épisode de Blink, un épisode qu’il devait écrire sans le Docteur pour des moyens techniques, qu’il compare à un passage de The Hobbit où les personnages doivent se débrouiller sans Gandalf et combien ça peut être effrayant. Il évoque les bienfaits d’une saison avec deux compagnons qui donnent une dynamique nouvelle à la série, puisqu’ils peuvent parler entre eux et sur le Docteur, lui donnant ainsi une dimension supplémentaire.

Il explique sa façon d’écrire pour un acteur ou un personnage, comment par exemple il n’aurait jamais pu écrire un docteur déconcentré par un fez pour David Tennant alors que ça fonctionne très bien avec Matt Smith.

Il parle de l’éventualité d’un Docteur femme et je dois l’une des seuls à ne pas trouver l’idée séduisante puisque la salle entière semble d’accord, ce qu’il trouve très intéressante comme réaction.

Il se défend des morts régulières de Rory en disant qu’il s’évertue aussi à le ressusciter chaque fois, mais que ce running gag cache autre chose…

Puis il a parlé de River et depuis combien de temps il savait qui elle était réellement… *spoilers* (et là mon amie a dû être la seule à se boucher les oreilles et de s’efforcer à ne pas écouter la réponse)

Impossible de me souvenir de tout, mais encore une fois c’était vraiment intéressant à écouter. Très peu d’infos concrètes sur la fin de la saison 6 ou la prochaine saison, mais vraiment passionnant d’écouter un créateur aussi fan de ce qu’il fait, parce que ça, ça se sent réellement !

Puis vient déjà l’heure de partir…

Un weekend intense en séries et en rencontres, et je quitte le Comic Con’ la tête pleine de beaux moments !

Sherlock, revu par Moffat

S’il y a une série qui a fait parler la blogosphère cet été, c’est Sherlock. Alors que les vacances sont sensées être le calme plat du côté des séries, la Beeb avait programmé sur 3 semaines les nouvelles aventure de Sherlock Holmes. Plus qu’une nouvelle adaptation du célèbre détective de Conan Doyle, la série était attendue comme la nouvelle création de Steven Moffat. Les sériphiles connaissent bien le monsieur, créateur de Jekyll (une autre adaptation fichtrement bien réussie) et scénariste des meilleurs épisodes de Doctor Who. Son nouveau statut de showrunner sur cette dernière l’a propulsé sur le devant de la scène la saison passée. Son nom au générique de Sherlock ferait donc presque oublier celui de Mark Gatiss (que les amateurs de Doctor Who connaissent bien également en tant qu’acteur et scénariste) qui est pourtant co-créateur sur Sherlock.

sherlock

Pour cette série, on fait connaissance avec John Watson, médecin récemment revenu de la guerre en Afghanistan, qui est sur le point de faire connaissance avec Sherlock Holmes. Deux éléments surprennent de prime abord : nous sommes bien au 21ème siècle, dans le Londres contemporain, et les deux personnages sont au début de leur « relation », bien plus jeunes que le Sherlock de notre inconscient collectif. Une fois ce cadre posé, à aucun moment cette modernisation du mythe ne viendra gêner l’histoire. Au contraire, Sherlock va utiliser les technologies modernes pour avancer dans ses enquêtes et le tout est vraiment bien intégré.

Ce Sherlock est un personnage arrogant, imbu de lui-même, solitaire, brillant, qui se qualifie lui-même de sociopathe… J’ai eu du mal à accrocher dès le début, le trouvant à la fois énervant et génial. Finalement Benedict Cumberbatch le joue à merveille et s’amuse à le rendre détestable et pourtant attachant. Cumberbatch endosse le costume de Sherlock à la perfection. D’après Gatiss, son casting a été une évidence pour eux, et ça se comprend. Coïncidences de mon planning de séries, dans la même semaine, j’ai pu le « croiser » dans des petits rôles dans Spooks et Tipping the Velvet… Pas si nouveau dans le monde des séries, mais il va falloir le surveiller, il a du talent à revendre !

A ses côtés, Martin Freeman fait ce qu’il peut pour incarner Dr Watson et il s’en sort plutôt bien vu le charisme de Cumberbatch. Il apparaît peu à peu comme un complément indispensable à Holmes dans son quotidien. C’est par ses yeux que l’on approche Sherlock, qu’on le découvre, qu’on le suit dans ses enquêtes, qu’on reste sans voix face à la rapidité de déduction du détective. La mise en scène est d’ailleurs astucieuse pour suivre le cheminement de pensées de Sherlock et comprendre les rouages de son esprit supérieur. Que les puristes de Conan Doyle se rassurent, on retrouve également les éléments traditionnels des bouquins : leur appartement à Baker Street, Mrs Hudson, Lestrade et même Moriarty.

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Pendant trois épisodes, le duo fonctionne, la résolution des enquêtes par déduction est assez jouissive, les personnages conservent leur caractère d’origine, bref on y croit ! Et puis, personnellement, j’adore toujours autant les séries se déroulant à Londres, c’est un réel plaisir de suivre Sherlock et son compagnon dans les quartiers de la ville. Trois épisodes, c’est malheureusement trop court je trouve, pour juger du potentiel d’une série, mais les créateurs ont réussi le tour de force de rester fidèles à l’esprit de Conan Doyle tout en le modernisant. Je n’en attendais pas moins du duo Moffat/Gatiss, mais ça fait toujours plaisir d’être agréablement surprise ! Au final, ces nouvelles aventures de Sherlock ont reçu un succès mérité en Angleterre et sur la blogosphère sériphile. Un succès public mais aussi critique qui a permis l’annonce d’une suite !  A suivre donc…

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