Blackpool, attention OVNI

Il y a au moins trois bonnes raisons de regarder Blackpool : c’est anglais, c’est déjanté et son casting.

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Blackpool, c’est l’histoire de Ripley Holden, homme d’affaires ambitieux et mégalo qui rêve de faire de la petite station balnéaire Blackpool, le Las Vegas de l’Angleterre. Il s’apprête à ouvrir un hôtel-casino de grande envergure quand un cadavre est découvert dans sa salle de jeu, ce qui freine légèrement sa folie des grandeurs… C’est l’inspecteur Carlisle qui est chargé de l’enquête, qui va mettre son nez dans les affaires de la famille Holden et bousculer quelque peu leurs vies par la même occasion…

Blackpool, c’est un OVNI télévisuel, le genre de séries qui surprend agréablement et qui ne ressemble à rien d’autre. Ce n’est pas vraiment une mini-série policière puisque l’enquête devient vite anecdotique, c’est un mélange improbable de genres, entre réalisme social, polar, romance et comédie musicale. Une folie douce sur fond d’enquête policière. Et le charme de cette mini-série, c’est que ça marche ! Il y a une alchimie particulière et convaincante qui nous emporte dans cette aventure loufoque…

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L’intrigue en elle-même n’est que prétexte à décortiquer les relations entre les personnages. Et ils sont tous fascinants et intéressants, tous portés par un jeu d’acteurs jouissif. Parce que la grande force de la série réside surtout dans son casting : impeccable. David Morrissey (State of Play) crève l’écran par son charisme, Sarah Parish (Mistresses) est convaincante en femme délaissée par son mari qui succombe au charme du nouveau venu, et même les seconds rôles – Bryan Dick, Thomas Morrison – renforcent un casting sans fausse note. Sans oublier (et de façon complètement subjective) qu’on suit David Tennant (Doctor Who) dans le rôle de l’inspecteur chargé de l’enquête – avant qu’il n’endosse le costume d’un Seigneur du Temps – et qu’il garde ici son accent scottish, ce qui est assez rare pour être souligné…

 

Pour avoir une idée de ce que réserve cette mini-série en 6 épisodes complètement décalée, voici deux chansons que l’on peut entendre et qui donnent bien l’esprit de Blackpool :

 

Should I Stay Or Should I Go – The Clash

 

Don’t Stop Me Now – Queen

Sherlock, revu par Moffat

S’il y a une série qui a fait parler la blogosphère cet été, c’est Sherlock. Alors que les vacances sont sensées être le calme plat du côté des séries, la Beeb avait programmé sur 3 semaines les nouvelles aventure de Sherlock Holmes. Plus qu’une nouvelle adaptation du célèbre détective de Conan Doyle, la série était attendue comme la nouvelle création de Steven Moffat. Les sériphiles connaissent bien le monsieur, créateur de Jekyll (une autre adaptation fichtrement bien réussie) et scénariste des meilleurs épisodes de Doctor Who. Son nouveau statut de showrunner sur cette dernière l’a propulsé sur le devant de la scène la saison passée. Son nom au générique de Sherlock ferait donc presque oublier celui de Mark Gatiss (que les amateurs de Doctor Who connaissent bien également en tant qu’acteur et scénariste) qui est pourtant co-créateur sur Sherlock.

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Pour cette série, on fait connaissance avec John Watson, médecin récemment revenu de la guerre en Afghanistan, qui est sur le point de faire connaissance avec Sherlock Holmes. Deux éléments surprennent de prime abord : nous sommes bien au 21ème siècle, dans le Londres contemporain, et les deux personnages sont au début de leur « relation », bien plus jeunes que le Sherlock de notre inconscient collectif. Une fois ce cadre posé, à aucun moment cette modernisation du mythe ne viendra gêner l’histoire. Au contraire, Sherlock va utiliser les technologies modernes pour avancer dans ses enquêtes et le tout est vraiment bien intégré.

Ce Sherlock est un personnage arrogant, imbu de lui-même, solitaire, brillant, qui se qualifie lui-même de sociopathe… J’ai eu du mal à accrocher dès le début, le trouvant à la fois énervant et génial. Finalement Benedict Cumberbatch le joue à merveille et s’amuse à le rendre détestable et pourtant attachant. Cumberbatch endosse le costume de Sherlock à la perfection. D’après Gatiss, son casting a été une évidence pour eux, et ça se comprend. Coïncidences de mon planning de séries, dans la même semaine, j’ai pu le « croiser » dans des petits rôles dans Spooks et Tipping the Velvet… Pas si nouveau dans le monde des séries, mais il va falloir le surveiller, il a du talent à revendre !

A ses côtés, Martin Freeman fait ce qu’il peut pour incarner Dr Watson et il s’en sort plutôt bien vu le charisme de Cumberbatch. Il apparaît peu à peu comme un complément indispensable à Holmes dans son quotidien. C’est par ses yeux que l’on approche Sherlock, qu’on le découvre, qu’on le suit dans ses enquêtes, qu’on reste sans voix face à la rapidité de déduction du détective. La mise en scène est d’ailleurs astucieuse pour suivre le cheminement de pensées de Sherlock et comprendre les rouages de son esprit supérieur. Que les puristes de Conan Doyle se rassurent, on retrouve également les éléments traditionnels des bouquins : leur appartement à Baker Street, Mrs Hudson, Lestrade et même Moriarty.

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Pendant trois épisodes, le duo fonctionne, la résolution des enquêtes par déduction est assez jouissive, les personnages conservent leur caractère d’origine, bref on y croit ! Et puis, personnellement, j’adore toujours autant les séries se déroulant à Londres, c’est un réel plaisir de suivre Sherlock et son compagnon dans les quartiers de la ville. Trois épisodes, c’est malheureusement trop court je trouve, pour juger du potentiel d’une série, mais les créateurs ont réussi le tour de force de rester fidèles à l’esprit de Conan Doyle tout en le modernisant. Je n’en attendais pas moins du duo Moffat/Gatiss, mais ça fait toujours plaisir d’être agréablement surprise ! Au final, ces nouvelles aventures de Sherlock ont reçu un succès mérité en Angleterre et sur la blogosphère sériphile. Un succès public mais aussi critique qui a permis l’annonce d’une suite !  A suivre donc…

Spooks (MI-5) – Saison 1

Alors que j’ai à peu près une quinzaine de séries en cours ou sur ma liste « à voir », je me suis encore penchée sur une nouvelle série. Je continue donc ma découverte des séries britanniques en m’attaquant à Spooks. Plus connue en France sous le nom de MI-5, elle propose une vision de l’espionnage sombre et réaliste, à mille lieux des clichés américains.

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A vrai dire, en terme d’espionnage dans les séries télé, je me suis arrêtée à Alias et à 24. Des missions, des infiltrations, des menaces terroristes…

Dans Spooks, dès les premières images, le ton est donné : les images sont froides, il pleut, les locaux sont sobres, de la paperasse, des gens qui travaillent vraiment… Bref, on est bien en Angleterre, mais ici pas d’espionnage international, pas de MI-6 donc, mais bien le MI-5, la protection du territoire, la sécurité intérieure du pays.

A ce propos, le titre français ne rend pas toute la signification du titre original. Spook, en anglais, c’est un fantôme, quelqu’un qui n’existe pas, et toute cette première saison pose justement cet enjeu-là : des agents qui mentent constamment à leurs proches, qui n’évoluent qu’avec des fausses identités, qui restent discrets… Ces héros-là sont des agents ordinaires, humains, vulnérables, proches de nous. Leurs missions quotidiennes n’ont rien d’héroïques ou de prestigieuses : ils empêchent une militante anti-avortement de faire sauter une bombe dans un marché couvert, ils règlent les questions de protocole pour la visite du président des Etats-Unis, ils gèrent une prise d’otages dans une ambassade, ils pourchassent un militant d’extrême-droite tenté par un coup de force politique. Pas de terrorisme du Moyen-Orient ou de complots internationaux, on reste dans le réaliste, sombre et froid, bien écrit.

L’un des épisodes restera d’ailleurs culte pour son réalisme. Lors d’une mission d’infiltration ordinaire, l’une des agents – pourtant présentée comme membre de l’équipe et donc personnage récurrent – est démasquée et se voit brûlée vive. Ici, pas de miracle, pas de sauvetage de dernière minute. La violence de la scène est aussi inattendue qu’insoutenable. La série pose là sa marque, réaliste et sans concession.

On le sait, il ne faut pas s’attacher au casting dans les séries anglaises. Tout peut leur arriver, aucun personnage n’est à l’abri d’une mort ou d’une disparition. Le cliffangher de la saison 1 – terriblement cruel, sans pour autant user d’effets pyrotechniques – rappelle qu’on est bien face à une série british, et qu’il n’y a pas forcément de retournement de dernière minute pour sauver les gentils…

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Le casting est remarquable, et je vous cache pas mon plaisir de retrouver Keeley Hawes après mon deuil de Ashes To Ashes. Mais si l’un d’entre eux crève l’écran, c’est bien Matthew McFayden. Toute la saison tourne d’ailleurs autour de son personnage et sa difficulté de concilier ses engagements professionnels et privés. Mais tous les personnages sont bien travaillés, et on est loin de tout manichéisme. Difficile de dire qui est tout blanc ou tout noir, tous semblent avoir un passé intéressant et il me tarde d’approfondir leurs histoires respectives.

La saison 1 passe vite, très vite, seulement six épisodes, mais on aperçoit déjà le potentiel de cette série hors-normes. Les scénarios sont solides, bien écrits, le casting est très bon, la réalisation est impeccable et prouve qu’il n’y a pas que 24 qui sait se servir du split-screen. Bref, une première saison sans fausse note !

Ashes To Ashes 3.08 – Final et révélations

Je viens de terminer Ashes To Ashes. J’ai voulu à un moment écrire ma review sur la saison 2 mais avant que l’inspiration ne vienne, j’avais déjà bien entamé la saison 3. A vrai dire, je ne les ai pas vu passer ces épisodes, et je suis encore un peu sous le choc, là. Je suis dans le même état d’esprit que lorsque j’avais terminé Torchwood - Children of Earth. En deuil. Bouleversée. Comme si je redoutais de ne plus trouver d’autres séries à la hauteur de celle-ci…

C’est la gorge serrée et les larmes aux yeux que j’ai donc bouclé la mythologie de Ashes To Ashes et par extension de Life On Mars. Et bon sang, ça restera l’une des plus belles séries que j’ai vu ces derniers temps !

Est-ce utile de préciser que si vous n’avez pas vu la saison 3 de Ashes To Ashes ou si vous souhaitez un jour vous y mettre, ne continuez pas votre lecture ! Si d’ailleurs vous cédez à l’envie d’y jeter un œil, commencez évidemment par Life On Mars, sous peine de ne pas tout comprendre…

Vous êtes prévenus, attention spoilers !

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Au fil des épisodes, que ce soit durant Life On Mars ou Ashes To Ashes, je me suis souvent demandé pourquoi je persistais à regarder une série qui de prime abord ne rentrait pas du tout dans mes critères de préférences. C’est étrange parce qu’à vrai dire, les séries policières, j’en regarde peu, voire pas du tout. J’ai du mal à accrocher au côté répétitif des enquêtes en règle générale, et pourtant il y a quelque chose dans Ashes To Ashes qui m’a tenu en haleine jusqu’au bout. La relation Gene/Alex en tête, l’évolution de Chris, l’affirmation de Shaz, la mission d’Alex… Avec le recul, je comprends maintenant que les diverses intrigues n’étaient que des détails, des prétextes censés agir sur les policiers eux-mêmes, à les faire évoluer, les pousser à affronter leurs démons. Le plus important, c’était eux, les personnages. Ray, Chris, Shaz, Alex. Et Gene Hunt. Au cœur de tout.

Je n’ai pas pu m’empêcher de comparer cette fin à celle de Lost. Là aussi, les scénaristes avaient voulu placer leurs personnages au centre de l’histoire, quitte à mettre de côté au final une grande partie de la mythologie fantastique de la série. Là où j’ai été déçue et frustrée par la fin de Lost, j’ai été satisfaite, comblée et touchée par la fin de Ashes To Ashes ! Parce que tout s’emboite comme un puzzle, parce que c’est cohérent, parce que chaque question obtient sa réponse. Ce dernier épisode suffit pour clôturer les deux séries, que l’on peut finalement considérer comme une seule et même série. Quiconque s’est aventuré à regarder Life On Mars se doit de regarder et de terminer Ashes To Ashes. Elle ne peut pas être considérée comme un simple spin-off. La fin légitime à elle-seule l’existence de la série, complément indispensable à la compréhension de toute la mythologie.

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Pendant les trois saisons, on suit donc Alex Drake (superbe Keeley Hawes au passage) dans ce monde qu’elle pense créé par son subconscient et son seul objectif (et le nôtre) est de comprendre quelle est sa véritable mission pour avoir enfin le droit de se ‘réveiller’ et de retrouver sa petite Molly.

J’avoue que jusqu’au bout, je n’ai pas compris. Jusqu’au bout, j’attendais le déclic pour qu’elle puisse enfin se réveiller de son coma.

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Finalement, non seulement ce n’est pas son subconscient mais elle n’est pas la seule bloquée dans ce monde. En réalité, ce monde entier est un lieu où les policiers se retrouvent quand ils sont sur le point de mourir. Un entre-deux mondes, où les souvenirs de la vie passée s’effacent peu à peu. Ce qui veut dire que Chris, Ray, Shaz et tous les autres sont également entre ces deux mondes. Mais pour eux, il est trop tard, ils sont morts depuis longtemps. La façon dont ils découvrent la vérité sur leurs morts, entre les silences de Ray et Chris, et le cri terrible de Shaz, est d’ailleurs vraiment déchirante.

Puis on comprend comment on s’en sort. Comment une fois leurs démons affrontés, ils peuvent avancer et quitter cet endroit. Comment Sam Tyler et Annie s’en sont sortis eux aussi. On a donc affaire à une sorte de purgatoire, même si le mot n’est jamais prononcé. Tout comme, jamais la lutte entre le Bien et le Mal est formulée explicitement. Et c’est là toute la subtilité de ce final, il n’a pas besoin d’expliquer mots à l’appui ce qu’on est en train de comprendre doucement. L’implicite et les non-dits le font très bien et avec la même force qu’un long discours.

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C’est dans un pub dans lequel retentit Life On Mars de Bowie que les âmes peuvent aller de l’avant. A la fin de cette saison, Chris, Ray et Shaz sont prêts à franchir cette dernière étape. Chacun a pu s’affirmer, combattre ses frustrations et faire la paix avec soi-même. Voilà pourquoi on a pu entendre les accords de Life On Mars à la fin de plusieurs enquêtes, celles qui ont été importantes pour chacun d’entre eux.

Puis vient le tour d’Alex.

Elle a toujours été focalisée sur son objectif : tout faire pour se réveiller du coma et retrouver sa fille. Toutes ses actions dans ce monde ne vont que dans ce sens-là. Et toute notre attention (du moins la mienne) est portée sur le prix qu’elle va devoir payer pour s’en sortir.

Mais contrairement à ce qu’elle pensait, toute sa lutte au côtés de Gene n’était pas une mission qui lui permettrait de repartir, mais tout simplement son propre parcours dans cet entre-deux mondes.

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Au moment où elle comprend qu’elle est morte elle-aussi, les mouchoirs sont sortis depuis un moment, mais la scène est particulièrement émouvante. Gene la rassure, dans un geste de tendresse qu’on ne lui connait pas, les adieux sont sobres mais déchirants et je suis en larmes. Alex entre à son tour dans le bar, laissant Gene seul, dans ce monde dont il est une sorte de gardien. Sa mission est terminée pour ces quatre-là, avant que d’autres ne débarquent et aient besoin de son aide…

Gene Hunt, au cœur de tout. Il n’y pas plus vrai. C’est lui le pilier de ce monde, le guide, celui qui doit accompagner les flics morts vers la prochaine étape donc. Et je trouve qu’il ne pouvait pas y avoir plus beau rôle pour Gene Hunt, élément central des deux séries.

J’ai été vraiment émue de boucler ainsi Ashes To Ashes (et Life On Mars par extension), mais il faut avouer que cet épisode arrive à conclure parfaitement une mythologie qui a été fascinante. L’émotion est au rendez-vous et c’est difficile de se séparer des personnages un à un, mais la série réussit brillamment où certaines échouent régulièrement : délivrer des réponses à chaque question posée. C’est une très belle fin, à la hauteur de la série.

Et face au manque qui se fait déjà ressentir, je me dis qu’un jour ou l’autre, il faudrait que je me revisionne la série depuis le début, Life On Mars y compris pour y poser un regard différent maintenant que je connais la révélation finale.

We can be heroes just for one day

Ashes to Ashes : Saison 1

Ça faisait un moment que Ashes to Ashes était sur ma liste de « séries à voir ». Depuis que j’avais terminé Life On Mars en fait. Mais j’avais tellement aimé l’histoire de Sam Tyler que j’avais peur d’être déçue par ce spin-off. J’avoue que j’y suis allée à reculons à la rencontre d’Alex Drake… avec beaucoup d’a-priori et la quasi certitude que j’aurais du mal à accrocher.

Il y avait plusieurs raisons à cette crainte. D’abord, il n’y a plus John Simm, et par extension Sam Tyler. Et mine de rien, il y était pour beaucoup dans mon coup de cœur pour Life On Mars. Ensuite, l’idée ‘on prend le même concept et on recommence dans les années 1980‘ me laissait franchement sceptique. Et enfin Alex Drake. Il y a des préjugés comme ça sans fondement aucun, mais j’avais peur de ne pas aimer ce nouveau personnage.

Bref, c’était mal engagé…

Et bien, balayés les doutes, envolé le scepticisme, j’avais tort. Sur toute la ligne. Au contraire, j’adore. Et je vais vous expliquer pourquoi.

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On découvre donc Alex Drake à notre époque, qui au cours d’une banale prise d’otage qui se complique, reçoit une balle en pleine tête et se réveille sur un bateau, habillée en prostituée, en 1981. L’introduction est donc sensiblement la même que pour Life On Mars. Mais Alex Drake est une sorte de profileuse, avec une connaissance sur le fonctionnement du cerveau et de la psychologie, et surtout, elle a lu les rapports de Sam Tyler. Elle part donc avec un avantage par rapport à Sam : elle en déduit rapidement qu’elle a subi un traumatisme et que cette réalité n’est qu’une construction de son esprit. Elle essaye donc de rentrer en contact avec le monde extérieur en usant des ‘trucs’ de Sam : parler à la radio, à la mire télé, au téléphone… Elle recherche le moindre indice, veut voir une signification dans chaque chose qui pourrait la faire rentrer chez elle.

Mais en attendant, elle est bien obligée de travailler avec ses collègues. Et en parlant d’eux, il y a d’abord la fameuse rencontre avec Gene Hunt. Jouissive ! Parce que forcément, elle les « connait » après avoir lu les rapports de Sam. Et pour notre plus grand plaisir, Gene Hunt a quitté Manchester et sévit depuis un an à Londres. L’équipe est même au complet avec Ray et Chris. Et Alex Drake, elle ne se prive pas de les considérer comme de simples projections de son subconscient, ce qui vaut quelques scènes très drôles !

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Ce qui était vraiment bien foutu dans Life On Mars, c’était la reconstitution du Manchester des années 70. Et bien là, on réitère avec Londres, dans les années 1980, et bon sang, ça fonctionne encore ! Les décors sont toujours aussi bien choisis et réalistes, les références historiques et culturelles sont saupoudrées régulièrement dans les épisodes : le mariage du Prince Charles et de Lady Di, les privatisations de Thatcher, la découverte du Sida, les premiers ordinateurs, la naissance du walkman… Et puis après s’être immergé dans la police de 1973, on observe les grands changements avec le passage des années 1980, et pour le coup, le pilot joue avec les clichés et on se croirait dans Deux Flics à Miami : les courses poursuites, les vêtements eighties, les coiffures, les flingues, les bateaux… Un vrai hommage aux séries policières de l’époque !

Et puis il y a Gene Hunt. Ah Gene !

Il aurait trop facile de le recoller dans un commissariat tel quel et d’en attendre la même attitude qu’avec Sam. Là où j’ai été complètement séduite, c’est qu’il a évolué notre Gene. Sa femme est partie, Sam est mort, on sent que ça l’a chamboulé un chouia, que ça l’a changé. Et ce n’est pas le seul personnage qui va être développé. Ray et Chris prennent de l’ampleur également et on les voit plus souvent sur le devant de la scène. Et comme c’est ce que je regrettais un peu dans Life On Mars, me voilà ravie…

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Et Alex Drake dans tout ça ?

Alex cherche donc un moyen, tout comme Sam, de rentrer chez elle et retrouver sa fille. Elle s’évertue à suivre des pistes, boucler des affaires en espérant que l’une d’entre elles soit le déclic pour son retour à notre époque. On va suivre une intrigue principale au fil des épisodes qui concerne ses parents, morts justement en 1981…

Mais là où Ashes to Ashes dépasse à mon sens Life On Mars, c’est sur la relation entre Alex et Gene ! Elle fonctionne à merveille et ce, dès le premier épisode. Je les trouve excellents ces deux-là ! Il y a  sans cesse une alchimie, voire une  tension sexuelle sous-jacente dans leur confrontation, du pur bonheur ! Parce que si on connait notre Gene, bourru et sexiste, Alex Drake, elle ne se laisse pas marcher sur les pieds non plus. Elle a un sacré caractère, une intelligence qui les dépasse et une excellente répartie… Bref, j’adore Alex Drake et leur tandem est juste jubilatoire !

Je peux ranger toute mon appréhension au placard et let’s go pour la suite !

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